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Budget Lecornu, quelles conséquences dans nos services : un témoignage dans une DDT

« Côté Administration Territoriale de l’État (ATE), cela fait plusieurs années que les coupes budgétaires et gels successifs de crédits ont des conséquences très concrètes pour les agent·e·s comme pour le fonctionnement des services, notamment en Directions Départementales des Territoires (DDT).

Déjà, pour celles et ceux employés par le ministère de la Transition écologique, nous constatons que nous sommes de moins en moins pour effectuer les mêmes missions, ce qui accroit la pression et la charge de travail sur celles et ceux qui restent. Certains services, par le jeu des mutations ou des départs en retraite, et parfois à cause de pratiques délétères d’encadrement, sont particulièrement dépourvus d’agent·e·s. Dans le même temps, plus de contractuel·le·s que de fonctionnaires candidatent sur les postes vacants, alors même que le recrutement de ces premiers est soumis à quotas, via un système de « jetons ». 

De façon pratique, il est possible de recruter un nombre défini de contractuel·le·s sur une plage de temps donnée, mais une fois les crédits épuisés, c’est fini. A l’Administration de choisir judicieusement où placer ses pions ! Certaines missions, jugées comme prioritaires, sont privilégiées, de même que les endroits où il manque trop de monde pour faire tourner les services. Pour les autres ? Ce sera (peut-être) au prochain tour.

Au niveau des conditions de travail au quotidien, la restriction budgétaire se traduit par des difficultés pour assister à des formations, effectuer des déplacements professionnels, soit parce qu’il faut économiser le carburant, soit parce que les véhicules sont en si mauvais état qu’ils sont en panne ou tellement dégradés qu’ils rendent les trajets imprévisibles ou dangereux. Parfois, on se pose la question de savoir si on aura encore les moyens de faire notre travail d’ici quelques années si ça continue comme ça.

Nous sommes également limités dans nos commandes de matériel de bureau… dans certains services les collègues peinent à se faire fournir en stylos et autres petits matériels, et l’Administration communique régulièrement pour nous dire d’imprimer le moins possible, en pensant à activer toutes les options d’économie d’encre et de papier. Économies de bout de chandelle : on est déjà à l’os, mais on continue à le ronger…

Quant aux locaux, faute de moyens suffisants, ils sont entretenus a minima, seulement pour parer aux urgences. Les bâtiments se dégradent de plus en plus, avec des ascenseurs, des portails, des systèmes de chauffage et de ventilation vétustes qui subissent des pannes récurrentes et dont les réparations tardent à être faites. Ainsi, les agent·e·s sont régulièrement placés en télétravail faute de conditions de travail satisfaisantes (quand il fait 13°C dans les locaux, c’est compliqué).

Et bien sûr, les moments conviviaux et de cohésion de service sont réduits à peau de chagrin : les collègues sont invités à animer les journées festives eux-mêmes, rien de ce qui est proposé ne doit générer des coûts pour l’Administration. Tout pour les logiques de rationalisation budgétaire, rien pour la qualité de vie au travail… et ensuite les responsables feignent de ne pas comprendre le manque d’attractivité de la fonction publique.

Il faut croire que le gel est la nouvelle doctrine de l’État : gel du point d’indice, gel des dépenses de fonctionnement, gel des mobilités, et les agent·e·s gèlent aussi dans leurs bureaux ! Pendant ce temps, notre niveau de vie fond aussi vite que les glaciers avec le réchauffement climatique, dont le gouvernement serait bien avisé de se préoccuper.« 

Notre syndicat

Le Sne-FSU s’adresse à tous les personnels qui sur l’ensemble du territoire national, exercent des missions dans le domaine de l’environnement.

Le syndicat défend un double objectif d’assurer d’une part la défense des droits/intérêts aux agents des services concernés et d’autre part d’inclure les enjeux écologiques aux questions sociales comme projet de société.