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Synergie n°47 (juin 2016)

publié le 25 juillet 2016 (modifié le 23 août 2017)
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Sommaire

FONCTION PUBLIQUE DE L’ENVIRONNEMENT
Affaire Estrosi
La loi déontologie, droits et obligations des fonctionnaires
Rapport Laurent sur le temps de travail dans la fonction publique : une évaluation partiale

ACTUALITÉS
La France ne respecte toujours pas la Directive Oiseaux

DOSSIER
Les risques psychosociaux chez les représentants du personnel : enquête, constats et actions au sein du SNE

LA VIE DES BRANCHES
Nouvelles de l’lntersyndicale "Environnement" (ISE)
Police de l’environnement de l’AFB : attaque des lobbies chasse et plus...
Service de l’État : Sans moyens suffisants, la réorganisation territoriale désorganise l’administration
Agence des Aires Marines Protégées : Qui sommes-nous à l’AMMP ?
Milieux & Faune Sauvage : Préparer l’avenir interne pour agir sur nos activités professionnelles

F.S.U : Interview avec Bernadette Groison

Communication - l’édito de juin 2016

Vous n’êtes pas d’accord avec la décision que je viens de prendre dans votre propre intérêt, c’est que je n’ai pas suffisamment bien communiqué pour votre petite comprenette. Les sujets à lister pour cet éditorial en illustration de ce propos pourraient constituer à eux seuls l’éditorial en question et renvoyer à un bouquin entier ensuite pour développer.

Quelques points fondamentaux d’attention néanmoins, en perspective de ce qui nous attend.
L’un des choix de solidarité du SNE en soutien aux lanceurs d’alerte vise le Luxleaks et autres scandales bien identifiés du système financier. Le peu d’empressement institutionnel à réagir et à apporter le soutien indispensable aux citoyens vertueux, Bercy en France et la Commission Européenne plus largement, ne peut que faire douter de la volonté réelle de nos dirigeants.
D’une autre nature mais tout aussi important de par son impact à venir : les exploits d’EDF et de ses choix nucléaires unilatéraux. La perception des impasses environnementales était largement partagée, le doute l’était moins sur les plus-values réelles du modèle économique. L’échéance approche et ça se présente très mal (le trou de 40 milliards d’€) avec la fuite en avant comme seule solution possible selon les tenants du lobby nucléaire.
Et ne ricanez pas, la problématique SNCF TGV est à peu près dans la même perspective.
Cerise sur le gâteau, la communication forcenée du gouvernement sur ses succès dans la gestion de notre pays, en décalage systématique ou même en contradiction complète avec notre perception des réalités quotidiennes.
Mais chacun aura apprécié l’actualité revendicative du trimestre relative à la réforme du code du travail, avec désormais et de toutes façons seulement du perdant-perdant à la sortie.
Sans même argumenter sur le fond ni même évoquer les reniements de promesses antérieures, restons sur la méthode quant à un projet de réforme ne pouvant espérer de suite favorable que dans une adhésion partagée a minima.
Dans un contexte d’état d’urgence prolongé et par l’emploi du 49.3, le gouvernement choisit un processus d’agression caractérisée contre son Parlement, et plus largement contre ses acteurs économiques et sa société civile.
Il ne saurait être question ici de justifier quelque violence que ce soit en regard de cette agression, mais la seule sortie possible de ce pataquès ne peut désormais se trouver que dans le retrait du projet. La démocratie d’opinion ne saurait imposer ses dérives potentielles aux institutions, mais il y a quand même des limites à l’aveuglement.

Mais que l’on soit impacté directement ou plus indirectement, le centre de nos préoccupations professionnelles, au sens de nos missions, se cale pour l’instant sur le cheminement parlementaire et les aléas de la loi biodiversité, très concrètement la mise en place de l’AFB au 1er janvier 2017.
A moyen terme (moitié du siècle ?), donc en fait dès à présent quant aux actions à engager, le sujet n’est quand même rien moins que la pérennité du vivant.
Au Parlement, le sujet semble rester pour la très grande majorité de nos députés et sénateurs un simple objet otage de querelles politiciennes sous contrôle des lobbies en place. Mais il est forcément important puisque, même au regard d’autres priorités, notre Président de la République l’a évoqué à la COP 21 et a confirmé un affichage de moyens à la conférence environnementale annuelle.
La communication sur le paquet cadeau a donc été assurée, le doute persiste sur le contenu. Sans même caricaturer, plusieurs composants hétéroclites de base remplissent un grand shaker dont on ne peut fermer hermétiquement le couvercle (sûrement pour les rattachements), mélange improbable de régalien, d’incitatif et de technique, avec mixage programmé au premier janvier prochain.
Il faudrait beaucoup de sucre pognon, mais le paquet est plutôt vide, et du liant : un projet culturel commun pour les personnels garantissant a minima la mise en œuvre des missions (statuts et conditions de travail), une première pour une administration.

« L’AFB aura les moyens » : en langage de gouvernement, ça signifie ces derniers temps qu’on fera un peu moins de réduction de moyens que décidé initialement. En l’espèce l’objectif de Bercy semble bien être de faire disparaître tout financement du budget général pour financer à terme les politiques eau et biodiversité sur les seules redevances eau et biodiversité, donc votre facture d’eau ?
En somme une vraie ambition d’apparaître en tant que référence mondiale !


JJ Maynard et JL Ciulkiewicz
  • Synergie n°47 de juin 2016 (format pdf - 7.1 Mo - 23/08/2017)Temps de téléchargement estimé : 1 min 56 s (512 K), 58 s (1024 K), 29 s (2 M), 11 s (5 M).