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Synergie n°43 (janvier 2015)

publié le 31 janvier 2015 (modifié le 22 novembre 2016)
Couverture Synergie 43
Sommaire


DOSSIER SPÉCIAL

Résultats des élections professionnelles de décembre 2014

Les fonctions publiques
Le Ministère de l’écologie
CAPN des TE et ATE
ONCFS
Espaces protégés
Branche Eau et milieux aquatiques
Les services de l’État



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Salariés de la fonction publique d’État, où en sommes-nous ? - l’édito de janvier 2015

Un exercice électoral complexe et aux enjeux fondamentaux vient de s’achever.

Que tous nos électeurs soient ici remerciés d’être allés (bien) voter, c’est ce soutien apporté à leurs organisations syndicales qui reste le mince filet de sécurité pouvant encore les protéger d’un arbitraire qui devient de plus en plus la règle.

Un immense merci aussi à nos adhérents et militants qui se sont engagés et dépensés sans compter pour obtenir les résultats que nous connaissons aujourd’hui.

A chacun de construire son appréciation selon ses propres priorités pour apprécier ces résultats, mais avec les éléments corrects de contexte et les perspectives réelles qu’ils peuvent ouvrir.
De fait, le monde syndical subit les mêmes dérives que le monde politique, la déontologie est appelée à la rescousse du cynisme le plus pervers à l’occasion d’une campagne électorale. Comment en effet ne pas considérer ainsi les fuites médiatiques concernant le secrétaire général de la CGT, avec un point d’orgue le jour même de l’élection. Le SNE n’est pas affilié à la CGT, mais il a une alliance avec la CGT, et quoi que l’on puisse en penser par ailleurs, lorsqu’il s’agit de trouver des alliances pour s’opposer à l’arbitraire, c’est bien la CGT qui reste pour l’instant le partenaire décisif.

Cette représentativité dans les CT ministériels est donc bien l’enjeu majeur de l’élection en ce qu’elle détermine les moyens dévolus aux organisations syndicales, leur garantissant décharges de services et financements pour la mandature. Cet enjeu national vient croiser les enjeux de proximité (Services et Etablissements) et les enjeux catégoriels (CAP et CCP), beaucoup mieux identifiés par les électeurs puisque impactant très directement leurs conditions de travail, d’avancement et de rémunérations.

Résultats et analyses de ces différentes situations de proximité et catégorielles sont développées dans ce bulletin, mais le premier constat confirmé est que la diversité de ces situations locales contribue de façon très relative aux résultats nationaux : 10 voix CGT + 10 voix FSU ne font souvent qu’une douzaine de voix CGT-FSU. Aborder correctement les résultats, c’est aussi du fait de la réduction des effectifs et des réformes en cours apprécier des voix et des pourcentages sur des périmètres équivalents à ceux de l’élection 2011 – Centrale, DDT(M), DREAL et Etablissements Publics. L’exercice consiste donc dans ces conditions à bien identifier qui a contribué à quel résultat, autant au titre de l’alliance CGT-FSU qu’à l’intérieur même de la FSU : SNUITAM et SNE.
C’est donc déjà bien compliqué, à constater que ça l’a aussi été lors du vote avec pas moins de 2000 enveloppes mal orientées ou pas identifiées, ce qui n’a pas forcément contribué à la sérénité des dépouillements.
En attendant des analyses plus fines et la correction de situations farfelues (plus de votes que de votants au Parc de La Réunion, par exemple), au final pour le CTM du MEDDE, la liste CGT-FSU perd un siège …. qui bénéficie à Solidaires (qui n’en avait pas). Et la liste CFDT perd un siège au bénéfice de l’UNSA.

Dans les points de repères immédiats, il faut bien constater que le « syndicalisme de transformation sociale (CGT, FSU et Solidaires) » est globalement en recul plus ou moins marqué.
Pour sa part, la FSU se voit sérieusement secouée dans son bastion de l’Education Nationale, et quelle que soit l’analyse fine des résultats dans la territoriale (l’un des plus gros enjeux), ils sont à relativiser au regard du faible taux de participation, alors même que les prochains budgets vont étriller les collectivités locales. Comprenne qui pourra.
La tendance dite réformiste proche du gouvernement (CFDT, mais aussi CGC et CFTC qui disparaissent des instances de représentation dans de nombreux endroits) est au mieux en état de stagnation.
Principaux bénéficiaires : les tenants du syndicalisme clientéliste et catégoriel FO et UNSA, chantres des avantages acquis dans leurs bastions protégés. Ce résultat n’est en soi pas surprenant, il traduit bien le réflexe de repli catégoriel face à la situation de l’emploi et de rémunérations de la Fonction Publique ces dernières années.

La conjonction des réductions d’effectifs et de l’extension des missions entraînant l’augmentation des charges de travail déclenche un réflexe aussi bien individuellement de repli sur soi que plus collectivement de repli sur ses avantages catégoriels. Dans le même registre, il faut noter au MEDDE en particulier l’apparition anecdotique mais très significative de l’UNIPEF, réseau hyper-catégoriel des Ponts et Chaussées et du Génie Rural et des Eaux et Forêts à vocation de maintien de leur hégémonie sur l’administration.

Dans ce paysage ainsi recomposé, il appartient au SNE de réaffirmer tout à la fois ses ambitions environnementales et ses valeurs de communautés de travail pour l’exercice des missions de service public.


JJ Maynard
  • Synergie environnement n°43 (format pdf - 6.5 Mo - 31/01/2015)Temps de téléchargement estimé : 1 min 46 s (512 K), 53 s (1024 K), 26 s (2 M), 10 s (5 M).