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Synergie n°37 (mars 2012)

publié le 5 avril 2012 (modifié le 22 novembre 2016)
Sommaire

POLITIQUE GÉNÉRALE
Les vœux du président au monde rural
Élections présidentielles et environnement
La réforme des retraites

FONCTION PUBLIQUE
Un jour de carence supplémentaire

ACTUALITÉS ENVIRONNEMENT
Le Forum alternatif mondial de l’eau
Le Décret du pouvoir des préfets
Extraits d’articles
Idées lecture

DOSSIER
L’environnement en Europe

L’ACTUALITÉ AU SEIN DU SNE
Le cahier thématique biodiversité

DERNIÈRE MINUTE la crise


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Couverture du Synergie 37


Bilans et choix - l’édito de mars 2012

Oh ! le beau titre pour un éditorial qu’il me faut rendre en pleine campagne électorale présidentielle, et que vous lirez avant de voter ou une fois le résultat connu !

Et puis j’ai bien en retour certaines attentes : "Que va bien pouvoir grogner papi bougon dans un tel contexte ?". Ça tombe bien, ça fait une bonne dizaine d’années que j’ai envie d’écrire un édito sur le thème du progrès régressif, tellement plus c’est mieux avec le temps qui passe et plus ça va moins bien.

Dix ans, c’est bien comme repère, c’est le moment de début de basculements concrets : dans l’Europe, dans l’euro, dans la LOLF (Loi Organique sur les Lois de Finances pour ceux qui auraient fait l’impasse), dans le portable accessible à presque tous, dans la tyrannie d’Internet, dans la pensée unique…
Je ne vais pas au-delà, ça pourrait devenir vraiment désagréable.
Alors, progrès ou régression ? Vouloir appeler des éléments de réponse à cette question, c’est commencer par essayer de situer “par rapport à qui et à quoi ?“

Sur le qui, ça va des quelques-uns qui s’en sont mis plein les fouilles sur le dos de tout le monde à la plus d’une dizainede millions d’exclus. Quant au modèle de consommation imposé par le système économique et financier, il contraint les exclus où en voie de l’être à mal consommer, souvent de surcroît à crédit.

Sur le quoi, c’est renvoyer chacun d’entre nous à se réinterroger sur ce qu’il souhaite pour lui-même si son horizon peut aller au-delà du quotidien, et pour les siens au sens le plus large si ses moyens (là aussi au sens large : pas que financiers – intellectuels, critiques, etc …) le lui permettent.

Et donc en interaction réciproque du qui et du quoi : l’horizon du quotidien. Bien évidemment, il s’agit en tout premier lieu de celles et ceux qui subissent toute forme d’exclusion (ou pire, qui en cumulent plusieurs), mais il s’agit maintenant également de ceux qui sont en limite de système tant les contraintes se durcissent, qu’il s’agisse des rythmes de travail ou de la faiblesse générale des rémunérations.
Donc à tout le moins une situation qui doit interpeller chacun(e) d’entre nous au moment prévu pour exercer son choix de citoyen, dans des conditions de choix parfaitement obscures vu la façon dont (la) les campagnes électorales se déroulent. Il y a vraisemblablement là une vraie rupture, relative au fond et à la forme de l’exercice de la démocratie telle que nous la concevons dans le cadre de nos institutions :

  • sur le fond parce que la décennie écoulée nous a démontré à plusieurs reprises qu’une expression démocratique pouvait ne plus être respectée si les choix projetés ne se validaient
    pas (cf le fonctionnement de l’Europe). L’énoncer ainsi ne vise pas à anticiper un tel débat, mais simplement à relever qu’il y a là un vrai problème de fond à traiter, prioritairement
    à d’autres urgences quotidiennes avant que ces urgences interdisent de pouvoir le faire.
  • sur la forme parce que l’on ne peut que constater un glissement insidieux vers un système électoral à l’anglosaxonne, réduit à un choix bi-partisan sous pression d’un matraquage permanent des médias.


Ce dernier point, a priori moins fondamental que d’autres, est pourtant celui qui repère le mieux le clivage entre les candidats, entre ceux qui s’inscrivent dans la gestion plus ou moins responsable des conséquences de leur adhésion au système économique dominant et ceux qui veulent proposer
une rupture. Bref, entre les vrais candidats sérieux sur lesquels les médias investissent et la réalité des quartiers et des villages qui ressemble de moins en moins à celle des médias.
Le plus inquiétant est que ce clivage se double d’un fossé grandissant entre les futurs élus et leurs électeurs, entre ceux qui prétendent à tort ou à raison et toujours au nom de l’intérêt général pouvoir peser réellement sur les choix sociétaux et le ressenti des citoyens-contribuables-usagers (pour faire simple) qui ne peuvent que subir les conséquences de ces choix.

Dans ces conditions, comment se repérer sur une projection de perspectives cohérentes ? Un effet facile d’éditorial serait de suggérer que les candidats sérieux devraient s’inspirer des résolutions du SNE. Elles sont moyennement bien écrites (ndlr : merci !!...), mais le contenu y est, à commencer par l’idée qu’on ne peut plus assurer une logique de développement infinie et prédatrice de ressources dès lors que l’on reste sur une planète finie aux ressources finies.
La conséquence en est que tout projet crédible doit proposer une réponse au "mieux vivre avec moins", avec tout ce que cela implique en matière d’industrie, d’énergie, d’alimentation,
d’existence et d’activité permettant de vivre sur des ressources renouvelables.
Et aussi qu’un tel projet recueille une adhésion suffisamment large pour réunir les conditions de sa mise en œuvre, ce qui est loin d’être acquis.

La seule conclusion raisonnable est que nous sommes au seuil de situations très difficiles et pas en sortie. Le pendant plus socio-professionnel (plus sérieux ?) de ces élucubrations – réflexions – peut se trouver pour ceux qui en ont l’occasion dans les conclusions des exercices de prospective
menés au sein du Ministère : les scénarios d’avenir dans la continuité de l’existant sont maintenant systématiquement perçus comme ce qu’il convient absolument d’éviter.
Dernier point marginal (mais pas que), cette décennie aura été particulièrement régressive en matière de dialogue social et de participation des structures intermédiaires (dont les syndicats de salariés au premier chef) à la mise en œuvre des politiques publiques : un sujet à revoir d’urgence.

Jean-Jacques Maynard

  • Synergie 37 - mars 2012 (format pdf - 12.1 Mo - 09/10/2013)Temps de téléchargement estimé : 3 min 18 s (512 K), 1 min 39 s (1024 K), 49 s (2 M), 19 s (5 M).