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Synergie n°35 (sept 2011)

publié le 29 septembre 2011 (modifié le 5 janvier 2016)
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Sommaire

SPECIAL ELECTIONS

Enjeux

Synthèse de la Circulaire élections

Billet d’humeur de rentrée

Affiches et professions de foi
Couverture synergie 35

Désagrégation... durable ! - l’édito de septembre 2011

Il va bien falloir constater que Sarkozy en 5 ans va réussir à poser au moins 50 années d’hypothèques sur l’avenir de la société française, et donc sur les générations qui nous suivent.

Agaçant au plan individuel, ça devient franchement inquiétant au plan collectif, même si l’on restreint ce vocable de collectif à la dimension socio-professionnelle d’exercice de nos métiers : le service Public de l’Environnement.

Au plan individuel, ce n’est pas qu’une posture de Cassandre, nous avons maintenant au quotidien sous les yeux tout un tas de dysfonctionnements avérés. Le meilleur exemple que l’on puisse citer de ce point de vue là est celui des trains qui non seulement ne sont plus l’heure, mais ne rallient même plus les destinations prévues. Impensable il y a 10 ans.

Et puis sur l’interface individuel-collectif, il y a toute une série d’autres choses, avec parfois même des sujets que les médias préfèrent ne pas évoquer :

  • ainsi votre salaire net a-t-il subrepticement (mais pour de bonnes raisons forcément) baissé en janvier, voilà qui ne va pas aider votre pouvoir d’achat pour faire face à la rafale de hausse des prix annoncée pendant la 1ère semaine de janvier, encore moins pour faire face à la rafale de hausse des prix alimentaires sur les produits de base qui se profile et sans même évoquer le prix du pétrole.
  • sur un plan plus macro-économique, la dégradation par les agences de notation de la note du …. Japon ne vous a pas échappé, non plus d’ailleurs que le hold-up de 200 m€ sur le marché carbone des droits à polluer.
  • et puis surtout, figurez-vous que nos bons économistes n’hésitent plus à exprimer que l’État
    français ne s’est pas vraiment réformé puisque l’on n’a pas touché à l’essentiel (le statut ?). La RGPP-REATE ravalée au rang de rien du tout, personne ne l’imaginait sans doute pour tout de suite.

Et sous l’angle de la citoyenneté, vous allez devoir voter en 2012, mais voter pour quoi et pour qui ?. Voter pour vos principes et vos convictions ou voter “utile“ ? Parce que le vote utile tel que s’ingénient les médias à vous l’imposer, ça pourrait bien être de choisir entre le profil Manuel Valls et
sa remise en cause des 35 H et le profil Jean-François Mancel et le repli de l’action de l’État sur son seul volet dit ”régalien”.

A souligner d’ailleurs que l’économie ferait partie de ce régalien, les rois de France doivent se retourner dans leur tombe. Et pour le régalien au sens strict (police, justice…), la rupture paraît également consommée entre le pouvoir et la fonction publique garante des droits de chacun.
Mais pendant que les médias nous assomment de publicité et nous orchestrent 2012 de façon unilatérale, la fuite en avant dans la consommation semble rester le seul objectif des pouvoirs publics.

Transport et énergie, je ne reviendrai ici ni sur le nucléaire, ni sur la passe d’armes du gaz de schistes.
Agriculture, le salon 2010 avait sonné la fin du rideau de fumée du Grenelle, le salon 2011 a remis en perspective les pires dérives du productivisme. Rendons hommage à FNE pour ses combats engagés sur ces sujets.
Le Grenelle a donc finalement réussi à masquer le désengagement de l’État de ses politiques environnementales (eau, biodiversité…) pendant la réforme de structure et de liquidation programmée des effectifs de son administration.

Seul l’affichage des objectifs perdure, mais les moyens de mise en œuvre des services et des opérateurs de l’État disparaissent dans le même temps que les moyens des collectivités locales sont également réduits.
Une telle situation conduit non seulement à une paralysie du service public, mais également pour ce qui nous concerne au sein même de l’État à une opposition entre les bras armés de l’État central (DREALs et opérateurs nationaux, ceux qui doivent garantir le respect des engagements européens et internationaux) et l’État local (Préfectures et DDTs).
La conduite des politiques publiques en ressort totalement incohérente, et son impact négatif sur la population est maintenant bien réel. Pour la situation interne des services et opérateurs, les casse-tête d’adéquation missions-moyens et les analyses de risques psychosociaux formalisent les signaux d’alarme.
Bien évidemment, les promoteurs des réformes s’exonèrent de ces derniers exercices en niant les problèmes, sauf que le principe de réalité est têtu et que les pires situations se révèlent après coup là où aucun thermomètre ne semblait devoir être mis en place.

Sur un plan plus syndical, la dernière loi en date dite ”de modernisation sociale” orchestre savamment la réduction des libertés syndicales (à cause des dérives de l’UIMM ?) et des droits de représentation des salariés sous statut public (prérogatives et mode d’élection des comités techniques par exemple).
Pessimiste ? non, des faits et des constats qu’on passe à notre moulinette technocratique habituelle et qui nous décrivent un ”probable” à moyen terme, en fait sous réserve de l’absence de bug : du ”factuel-prévisionnel”. Ce ”factuel-prévisionnel” ne nous convient pas ?

Individuellement, chacun pourra exprimer en toute responsabilité son choix citoyen en 2012, et peut militer syndicalement et associativement d’ici là. Collectivement, ça tombe bien, rendez-vous au congrès du SNE fin mai. Bien que préparé dans des conditions très difficiles, de vrais choix seront à exprimer qui nous engageront ensemble pour que l’avenir nous convienne mieux.


Jean-Jacques MAYNARD