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Synergie n°34 spécial CONGRES DU SNE (juin 2011)

publié le 9 juin 2011 (modifié le 5 janvier 2016)
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Sommaire

ACTUALITES

Le congrès du SNE-FSU du 23 au 27 mai 2011

Rapport financier

Résolution générale

Le conseil national du SNE

Motion "sortir du nucléaire"

VIE DES BRANCHES

La RGPP passe aussi par l’immobilier
Couverture synergie 34

Perspectives - l’édito de juin 2011

Une semaine pleine en Bretagne fin mai : le XIVème congrès du SNE-FSU s’est tenu à Beg Meil. Ce numéro de Synergie lui est essentiellement consacré, le discours de clôture du nouveau secrétaire général en pose les principaux éléments de synthèse et de perspective, je n’en reprendrais donc que quelques-uns dans cet éditorial pour les appuyer.

Au regard de la situation des personnels pour l’exercice de leurs métiers, l’exercice de retour de vécu sur les 3 années qui viennent de s’écouler a été particulièrement significatif : une explosion de mal-être individuel et collectif. Alors bien sûr, les aspects statutaires dans toutes leurs dimensions ont été évoqués et débattus : les rémunérations et les carrières, mais encore plus la dégradation matérielle et morale des conditions de travail et l’un de ses principaux corollaires, l’obligation de gestion des risques psychosociaux.


Comme dans tous les congrès du SNE et notre projet de résolution le reflétait bien, la partie missions de service public était particulièrement importante et prospective.
Les échanges pendant le congrès ont bien montré que le mal-être était encore plus fort sur ce sujet des missions et partant, du sens même de notre travail et du service à rendre à notre collectivité nationale, que sur les autres sujets.
Ce malaise existait certes avant, mais ce sont bien les décisions mises en œuvre depuis 2007 qui dressent aujourd’hui une condamnation sans appel des réformes de l’État et de leurs conséquences.
Si l’impact de ces conséquences sur les personnels a ainsi constitué le cœur de notre congrès, leur matérialisation pour des pans entiers de la population va maintenant prendre toute sa signification. Il faut en effet de 2 à 4 ans à des réformes d’une telle importance pour que le “grand public“ en perçoive les effets dans son quotidien.


Sans ré aborder ici le sujet fondamental de l’enfumage du Grenelle”, il convient donc maintenant de tirer toutes les leçons qui s’imposent pour être pertinents et offensifs sur le cœur des trois politiques publiques dévolues au ministre “en charge de l’environnement“ : la biodiversité, l’eau et les milieux aquatiques et l’énergie.

Et pour avoir une crédibilité dans nos propositions, il nous faut considérer ces politiques non seulement pour elles-mêmes mais surtout dans la dimension de leur mise en œuvre au travers des exigences qu’elles imposent aux dérives constatées du développement et de la production. Refrain connu, mais dont les débats du congrès ont bien rappelé que l’intégration de ces 3 politiques environnementales dans un grand ministère du bâtiment et des travaux publics avait simplement pour effet qu’elles soient arbitrées défavorablement à peu près systématiquement au plan technique avant d’être soumises au choix décisionnel du politique, que ce soit au plan national pour le ministre ou au plan local pour le préfet.

Le principe de réalité reste têtu, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le SNE avait ainsi dénoncé cette conception au milieu des années 70 ou au début des années 80, dans les débats présidant à la 1ère décentralisation. Sauf qu’en 2011, les marges de manœuvre se sont considérablement réduites (le climat et les conséquences météo, les risques dits ”naturels” et technologiques …). Arrêter les contresens va devenir d’autant plus urgent que le coût de leurs conséquences commence à apparaître et à peser sur les logiques financières qui nous gouvernent. Le devoir d’objectivité nous conduit maintenant à constater que tout ce qui a pu être affiché pour réorienter les politiques environnementales sur de la gestion préventive en est resté au plan des principes.

Sur le Grenelle par exemple, les textes adoptés ne donnent pas d’outils opérationnels à la puissance publique et le poids de la référence à la croissance verte hypothèque les ambitions. Quant à la gestion de l’épisode sécheresse, on reste dans la démagogie pure sur l’aspect agricole, donc avec de colossales craintes quant aux choix à venir sur l’énergie (refroidissement des centrales ou hydraulique “propre“).

Il y a donc urgence à prononcer des choix politiques courageux, mais il faut bien avouer qu’aucun de ceux qui prétendent nous gouverner ne paraît porter de propositions crédibles, cohérentes et susceptibles d’entraîner une adhésion majoritaire. Or en l’absence de toute volonté de régulation coordonnée (niveau mondial) et de moyens réels de l’exercer, l’option par défaut est toujours que seul l’argent décide, en faisant payer un prix plus ou moins vrai aux seuls usages et donc seulement à ceux qui le peuvent. C’est notre situation actuelle, c’est votre banquier et vous individuellement, ce sont les marchés financiers et les États au plan global.

Qu’est le SNE ? : un petit syndicat socio-professionnel dans un pseudo-grand Ministère dans une toute petite France, pas grand-chose sans doute.

Mais qu’est aussi le SNE ? : de vraies compétences et une légitimité indiscutable pour construire des propositions crédibles et cohérentes à porter ensuite auprès de nos anciens et futurs gouvernants, tous visiblement en mal de solutions à l’heure actuelle.

Cet effort peut paraître éloigné des contingences quotidiennes et locales de l’action syndicale, qui restent bien évidemment à assurer en tout état de cause auprès des personnels (avec des élections à gagner en fin d’année). Mais ne pas le faire est sans doute le garant qu’il n’y ait plus à moyen terme de contingences quotidiennes et locales pour notre action syndicale.

C’est ce que notre congrès a dit en terme d’objectifs, c’est ce que notre congrès a choisi en renouvelant plus que significativement ses équipes de militants, avec plein de jeunes pleins d’avenir.

Jean-Jacques MAYNARD

  • Synergie 34 juin 2011 (format pdf - 6.4 Mo - 09/10/2013)Temps de téléchargement estimé : 1 min 44 s (512 K), 52 s (1024 K), 26 s (2 M), 10 s (5 M).