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CONCILIER CHANGEMENT CLIMATIQUE ET JUSTICE SOCIALE

publié le 29 novembre 2018 (modifié le 30 novembre 2018)

Communiqué du SNE-FSU novembre 2018
Les fortes mobilisations des gilets jaunes partout en France étaient prévisibles et sont compréhensibles.

A force de négliger le dialogue social avec les corps intermédiaires, de traiter par le mépris leurs revendications, de stigmatiser l’intérêt collectif en valorisant l’individualisme forcené (le fameux respect de « libertés individuelles »), on aboutit à des explosions incontrôlables de colère.

Trouver des solutions ne peut être possible qu’en réinterrogeant les causes.

La politique du gouvernement a trop favorisé les plus riches (suppression de l’impôt sur la fortune, CICE…), a trop plumé les classes moyennes (CSG, taxes et impôts…) et a trop méprisé les plus modestes (taxes, hausse du coût de vie 2% non compensé…). C’est le rejet exprimé par les 3/4 de la population.

Désigner la contribution climat énergie appelée taxe carbone comme responsable est trop facile car l’ensemble de la fiscalité environnementale (dont la taxe carbone n’est que l’un des éléments) reste pour l’instant marginale dans la fiscalité globale, en contradiction avec la fiscalité mobilisée en soutien aux politiques pouvant générer des profits.

Pour l’exemple, la taxe carbone en tant que telle ne représente que 2 ou 3 centimes ajoutés chaque année au prix des carburants quand l’ensemble des taxes du gouvernement (TICPE et TVA) atteignent près de 1 euro sur un prix final de 1,50 euro. Mais quand bien même la fiscalité environnementale serait justifiée par l’urgence climatique, elle ne pourrait trouver d’acceptation et de soutien qu’accompagnée de mesures de justice sociale.