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Synergie n°48 (décembre 2016)

publié le 30 juin 2017 (modifié le 23 août 2017)
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Sommaire

Organisation du congrès SNE-FSU du 29 mai au 2 juin 2017
Dispositions fiscales relatives aux cotisations syndicales

FONCTION PUBLIQUE DE L’ENVIRONNEMENT
Quel avenir pour le statut de la fonction publique

ACTUALITÉS
Les candidats à la primaire de droite et les fonctionnaires

DOSSIER
Agence Française pour la Biodiversité
Mutualisation des services territoriaux de l’ONCFS et de l’AFB

LA VIE DES BRANCHES
Eaux et Milieux Aquatiques : situation statutaire des personnels des agences de l’Eau
Milieux et Faune Sauvage : en attendant mai 2017

F.S.U : Les stages proposés par le centre de formation

RETRAITES
Salariés de droit privé et contractuels : quand partir ?

Faire plus et mieux avec moins - l’édito de décembre 2016

Juste pour se remettre le propos en perspective, c’est une rengaine apparue dans le paysage français de la Fonction publique à partir du printemps 1986, époque d’un retour d’une droite très conservatrice et régressive au Gouvernement et au Parlement. Faire plus et mieux avec moins !
Dès lors, elle n’a cessé d’être affirmée en tant qu’axiome et préalable incontournable à toute mise en œuvre des processus garants des solidarités citoyennes et territoriales dans notre République, et donc à charge de nos services publics.
Mobilisant les arguments de modernité ( ?) et de simplification ( !), la fuite en avant dans des réformes d’ailleurs toutes plus contre-productives les unes que les autres a ainsi mis à mal les fondamentaux de notre société. Si tant est que l’on puisse en donner une définition rigoureuse, le progrès lui-même a ainsi pu se révéler régressif pour le plus grand nombre, même si l’éducation et l’argent peuvent permettre à ceux qui en disposent de n’en choisir que les bénéfices.

Les premiers quinquennats du XXIème siècle sont ainsi particulièrement éclairants, à avoir conduit notre société à une perte totale de repères pour ne vouloir satisfaire qu’aux intérêts particuliers les moins partagés sous couvert d’intérêt général.
Pour celles et ceux d’entre vous qui douteraient, promenades en banlieues délaissées tout autant que dans le monde rural profond en révèlent les preuves irréfutables. Cette période a ainsi permis de faire un constat clair de l’asservissement de la technostructure aux seuls objectifs économiques, laquelle technostructure impose visiblement ses choix à la sphère politique en tout déni de démocratie.
A chacun dès lors de se réinterroger sur les programmes affichés des potentiels candidats à la future présidentielle, et d’ailleurs dès à présent aux futures législatives qui suivront immédiatement. D’un point de vue institutionnel, il faut en effet garder à l’esprit que tant les règles européennes que notre État de droit français doivent garantir aux missions publiques la disposition de moyens suffisants pour les exécuter ( !). Parlement et Gouvernement sont donc solidairement en défaut.

Gouverner c’est prévoir, et donc c’est anticiper les défis majeurs sinon existentiels de l’avenir au sens de la disposition de ressources suffisantes et renouvelables à ce terme-là, de surcroît désormais sous contrainte absolue des impacts du changement climatique.
Ressources, il s’agit bien de l’air, de l’eau, de l’énergie et… de la biodiversité. Changement climatique, il s’agit bien d’en atténuer les causes et d’anticiper son impact (préservation des ressources citées, maintien des productions agricoles dans cette même perspective…).
L’essentiel est dans notre capacité à relever ce défi, à évaluer ceux qui prétendent nous gouverner sur ce qu’ils ont fait et sur ce qu’ils prétendent pouvoir faire.
Sous l’angle citoyen, donc de choix politique, le thème qui balaie tous les autres dans les promesses tout autant que dans les actes est le thème de la réduction de la dépense publique, réduction qui paraît devoir essentiellement s’appliquer aux droits sociaux des populations les plus défavorisées.

Sous notre angle particulier d’agents publics impactés de plein fouet par les réductions de moyens, le moins est de rappeler que la modernisation de l’action publique en tant que ministère non-prioritaire (Hollande) s’est révélée bien pire que la Révision Générale des Politiques Publiques (Sarkozy). A croire que les enjeux majeurs de moyen terme sont considérés comme tout à fait mineurs au regard des échéances électorales.

La situation des agents « en charge des politiques de l’environnement » s’en trouve d’ailleurs rendue à un point critique. Du fait du corporatisme exacerbé des grands corps d’État (dont au premier chef leurs régimes indemnitaires respectifs), le manque de rigueur des décennies passées dans la gestion de la Fonction publique conduit dans ces conditions à opposer les missions elles-mêmes au respect du statut. Outre la situation constatée de déclassement des corps de fonctionnaires de l’environnement (C et B sous classés et pas de corps de A), c’est la perspective de liquidation des contractuels CDI qui se concrétise actuellement, soit environ la moitié des effectifs dévolus à ces missions. On a vu mieux pour relever des défis publics majeurs.

Sur quoi s’engager dans de telles conditions ?
– certes, le repli sur soi est confortable : mon quartier, mon village, ma vallée, mais aussi ma voiture (personnelle ou de service), mon smartphone, mon internet qui sait tout et qui diffuse tout et n’importe quoi, ma carte bancaire qui me range comme bon petit consommateur, et au final une position assise dans le système tel qu’il est et qui lui garantit de continuer en l’état jusqu’à son effondrement.
De vrais choix politiques à exercer ?
– bien sûr, écarter toutes les solutions illusoires de repli sur soi à l’abri d’hypothétiques frontières tout en continuant à bénéficier à bas coût des apports du commerce mondial. Sous contrainte de dépense publique, c’est certainement le choix très majoritaire auquel aspirent électeurs et candidats aux élections, mais qui ne peut plus être assuré sans renoncements.
De vrais choix professionnels à imposer ?
– bien sûr, ceux issus de nos engagements au titre de la mise en œuvre des solidarités sociales mais aussi ceux de nos missions de service public seules garantes des enjeux de moyen terme. Et sur ce choix, la dépense publique reste l’atout majeur contre les dérives des marchés, encore faut-il avoir la volonté non pas de la réduire mais de l’orienter correctement.

L’un des outils qui peut aider à porter ces choix collectifs : le SNE, il vous attend.

Jean-Luc CIULKIEWICZ et Jean-Jacques MAYNARD

  • Synergie n°48 décembre 2016 (format pdf - 5.4 Mo - 23/08/2017)Temps de téléchargement estimé : 1 min 29 s (512 K), 44 s (1024 K), 22 s (2 M), 8 s (5 M).